[J509 APA | J433 ASA]
Pour un humain, il est exceptionnellement peu anxiogène voire même apaisant. Mais il reste un humain. Avec ses désirs, ses envies, ses angoisses. Et c’est trop compliqué pour moi à gérer. C’est trop de stress. Je n’y comprends rien à son fonctionnement.
Et avec lui, j’ai ressenti cette envie qui vous montre à quel point la communication entre le cerveau et le corps est rapide. Quand on pense à quelqu’un et que c’est le corps qui répond. Cette petite vague de chaleur, ce fourmillement, cette électrisation qui éclot bien plus bas que les sentiments vous remuent. Et ça, je ne l’avais plus jamais ressenti.
Mais, pour moi qui suis complètement brisée de haut en bas, submergée par cette marée noirâtre et sans âme, c’est trop. Je dois tenir. Je dois me battre. Je le ferai, mais je me bats déjà assez contre l’épaisse déferlante de ces agressions qui ne semble jamais finir. La semaine prochaine, on fera mon procès. Passera chacun de mes mots au crible. Je n’aurai le droit à aucune erreur. On me traitera de folle, de pute, de salope, de bipolaire, d’enfant traumatisée, de cyclotomique, menteuse, de frustrée. On enverra des salves pour que je me brise, pour que je renonce. Quoi qu’il arrive, ça sera ma faute.
Alors, je ne peux pas tenir le coup. Je n’ai pas la force de gérer une relation humaine tout aussi bien qu’elle soit. Je vis dans l’angoisse du combat à venir et j’ai appris qu’il ne cessera jamais.
C’était une très jolie parenthèse dans tout ce marasme mais je ne peux pas supporter le moindre souffle de vent en plus.