Stress post traumatique

[J536 APA | J510 ASA]

Non, ce n’est pas ma faute.

Le stress post traumatique c’est découvrir trop abruptement que notre monde est dangereux et que l’on va mourir, peut-être de la main d’un autre. C’est découvrir que notre vie pour certain ne vos rien. Moins, bien moins que leur plaisir. Qu’on peut prendre notre vie, notre intégrité corporelle, notre sécurité affective, pour le plaisir par égocentrisme sans la moindre empathie ou avec cruauté.

C’est découvrir suite à ça que la plupart des autres ne vous comprendront pas ou ne voudront pas vous comprendre. Seront indifférents à votre détresse.

Le stress post traumatique c’est vivre avec un handicap invisible. On se repose sur des amis quand on peut. Sur des professionnels. Pour continuer à avancer. Continuer à vivre pendant qu’à l’intérieur ce qui a été cassé se referme, souvent mal, s’infecte même parfois. Et continuer d’avancer, toujours, continuer de vivre même si on voit plus comment on pourra faire pleinement confiance à un autre être humain un jour. Et voir tout ce que les autres vous ont vraiment pris, votre capacité à donner, à aimer, à être aimé, à s’aimer. Les voir de jour en jour s’amincir.

Entendre les professionnels parler de retour à la normale, de gestion des crises d’angoisses à coup de respiration. De savoir déjà gérer ses crises d’angoisses mais de voir son intérieur pourrir et trouver personne pour le comprendre. Pour voir la plaie infectée, la gangrène qui s’installe.

C’est un handicap invisible que personne ne voit et auquel on croit vaguement. On exagère, on s’apitoie alors qu’en vrai on meurt.

Présentation

Il est temps. Temps de prendre confiance et de se lancer.

Voici donc le journal de bord d’une victime qui refuse de l’être.

Des mots écrits depuis le jour J. Le jour où tout a commencé. Le jour de la grande implosion, de la fissuration massive. Le premier jour J.

Depuis ce jour, je noircis la blancheur de mon écran de mots. Des mots, encore des maux. Pour vider un peu de cette noirceur qui m’emplit.

J’ai noirci méticuleusement, jour après jour, écran blanc après écran blanc. Raconter ce que je ressentais. Ce que je ne pouvais dire. Ce que j’ai entendu.

Vider tous ces mots en espérant qu’une fois jetés sur l’écran, ils prendraient un sens. Ils retrouveraient une cohérence et cesseraient de n’être qu’un océan houleux de maux prêt à m’engloutir.

Il est temps de les jeter plus loin. De les jeter dans l’abîme. Pour en faire autre chose que des mots. Un projet. Mauvais. Mais un projet. Alors, un à un, dans le désordre, relire les mots, les réarranger, créer avec une histoire au lieu d’un vécu. Et les poser là, suivant l’aléa des corrections grammaticales, des relectures appliquées transformant mes souvenirs en textes.

Ici donc reposent tous ces mots. Espérons qu’ils emportent les autres avec.