[J545 APA, J469 ASA]
J’ai l’impression de passer mon temps sur l’arrête, à tourner autour d’un gouffre sans fond, sans m’arrêter.
Forcément à un moment je vais tomber. J’ai plus de force. Comme l’impression d’être dans le coton tout le temps, la tête lourde, les jambes tremblantes. Comme une grippe qui passe pas. Un flou fonctionnel.
Alors ça va pas manquer. Je vais m’encoubler dans mes propres pieds, marcher à côté ou simplement céder sous mon propre poids et tomber comme Alice dans un monde où plus rien a de sens. Une monde de folie. Coupée du monde. On ne me retrouvera plus, toute perdue que je serais au fond de mon angoisse.
Chaque nuit, chaque matin, je me dis c’est aujourd’hui que je vais plonger. Et peu importe que je tombe pas. Le soir, l’idée est la même voire pire.
Comme si on disait à quelqu’un tu vois bien que tu es pas mort aujourd’hui alors t’as aucune chance de mourir demain. Et non, nous, on sait que si on est pas mort aujourd’hui on a d’autant plus de chance de canner demain.
Putain, j’en peux plus de ce sentiment de faiblesse. Faut tenir droit. Debout. Mais vous voyez pas que je suis comme une tour de Jenga avant l’effondrement. Ça tient par petite touches, des minuscules zones de frottements. Je suis debout mais je suis déjà à terre. La tour de Schrödinger. Je vais plus y arriver.
Et plus je tourne autour de ce trou et plus je m’épuise, plus je cède, plus je me délite.
J’en finis pas de tourner et tourner. Alors que je devrais le reboucher ce trou ou m’en éloigner.
Enfin trouver une solution, un truc quoi, pour cesser de tourner.