[J565 APA, J489 ASA]
Cela aurait fait 10 ans.
10 ans sans fumée.
10 ans à dire pas celle là, tu fumeras la prochaine.
10 ans.
Et non. Encore un anniversaire que je ne fêterais pas.
Trop de stress. Trop d’angoisses. Trop à tenir. Tenir la journée. Tenir le boulot. Trop à retenir. Retenir son envie de rester au lit. Retenir son corps qui s’effondre. Retenir toute cette angoisse. Retenir comme un barrage éprouvé par la force tranquille mais constante d’une gigantesque masse d’eau se pressant contre son flanc.
Alors pour tenir, on lâche ça. On la fume cette clope. Puis celle d’après. Puis celle encore d’après. Une seconde de plaisir. On goudronne le mal, la tristesse, le dégoût, la honte. Une seconde de plaisir…
Puis le dégoût, la nausée, cette boucle infernale où tu te hais, te sens nulle et que pour pas le ressentir une seconde, pour lâcher prise, pour ne pas tenir, tu fais un truc mauvais qui te pousses à te sentir encore plus mal.