Réponse en attente

[J566 APA, J490 ASA]

Si je vais bien depuis qu’on a tenté de me violer ou si je vais bien depuis que le mec qui m’a proposé de recommencer à avoir une pratique sexuelle a profité de mon état de choc pour mimer un viol, se sentir enfin fort, quelques minutes de pouvoir alors que je pleurais sous les coups dégueulasses de sa langue sur mes seins, alors qu’il m’enfonçait sa langue au fond de la gorge à défaut d’être capable de me pénétrer. Vas y montre moi comment tu te défends.

Alors puisque cela t’intéresse, les mois passent mais je n’oublie pas.

Le 9 juin 2017

Au mieux c’était de l’indifférence, au milieu une tentative prétentieuse de me guérir et au pire l’occasion de te sentir fort et dominant au moins une fois dans ta vie. Un jour, je le ferai. Un jour, je tuerai des femmes. Sans s, il n’y avait pas de conditionnel dans le son de ta voix.

Une blague de mauvais goût ? Peut être … Mais ma peur après, la terreur, le rappel à l’agression, chez quelqu’un de normal cela aurait fait réagir. S’excuser. Mais non, toi, tu n’as peut être rien vu et alors cela fait de toi un monstre d’égocentrisme. Or, je pense qu’au contraire tu l’as vu et ne voulais pas en démordre. Tu me l’as répété : Je ne rigole pas. Oui, tu l’as vue cette peur et ça, ça t’a plu.

Enfin, une faiblesse. Enfin dominer. Mais tout en restant protégé. Ne pas trop en dire. Je ne t’empêche pas de partir. Laisser juste un climat de peur s’installer, le doute planer et foncer dans la brèche. Une attaque sans risque.

Sans l’autre agression, jamais je n’aurais eu peur de toi. Et toi, sale charognard, tu profites de ça ? L’autre au moins avait le courage de m’affronter en face. L’autre au moins était un homme.

Je me rappelle aussi mes mots lorsque je t’ai demandé de ne pas rire avec de telles menaces, menaces que tu t’es empressé de confirmer. Et bien fais attention, tu ne sais jamais sur qui tu tombes. En me répondant, je sais, je ne suis pas sûre que tu aies saisi le sens de ces mots. Ce n’était ni une parade, ni un conseil, ni même un avertissement. C’était une promesse. Un jour, alors que tu auras ignorer le non d’une toute jeune fille comme tu les aimes, niaises et admiratives devant le physicien derrière lequel se cache l’adolescent attardé que tu es. Un jour, si elle prend peur et n’ose oser la voix et donc que tu continues, cette jeune fille aura un père, un frère, ou une mère comme moi et là, je te promets, tu ne sais jamais sur qui tu tombes.

Promis.

Un petiot coucou de loin !

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6 heures du matin. Réveil. Réflexe. Connexion à internet.

Un message. Une fraction de seconde j’imagine un message d’amour. Une fraction de seconde avant de voir son nom apparaître. J’ouvre.

Un petiot coucou de loin !
J’espère que tout va bien.
Belle route !

La peur est la première à venir. La panique. Et mon amour qui n’est pas là, à sa place auprès de moi. Je lui écris.

Xanax.

Je fume dehors. Il fait froid. Il me rappelle, inquiet.

Ne vas pas travailler Reinette.

Si, je vais aller travailler. Il ne me reprendra pas ça. Pas encore.

Ne fais rien. Ne lui réponds pas.

La terreur encore. Il est là. Il tient à me le faire savoir. Un message de loin et pourtant… Un message qui dit je suis là. Je ne t’ai pas oubliée. Moi non plus, je ne l’ai pas oublié. Enterré tout au plus sous le temps et les montagnes d’amour que j’ai reçues depuis quelques mois. Sous tout ce travail pour extirper mon corps de son immonde emprise afin de le donner à un autre et, ainsi, me le rendre à moi. Pour refaire confiance. Pour me laisser aller à aimer dans toutes les sens du terme et tout l’abandon que cela demande.

Un message qui nie cette soirée du 9 juin. Qui nie ma terreur. Qui nie son plaisir à me voir perdre le contrôle sous le coup de la panique et en avoir l’exclusivité pleine. Un message qui dit : tu es encore à ma portée.

J’ouvre l’enveloppe stérile du scalpel. Peut-être cela me calmera. Non, je ne finirai pas son travail. Il n’atteindra plus mon corps. Je ne serai plus son subalterne. Coupant ce corps qui après cette nuit sombre est devenu le sien. Non. Tu réveilleras ma terreur, mais pour atteindre mon corps, il faudra le faire toi-même et en personne.

Ne fais rien. Ne lui réponds pas.

Ces mots galopent dans ma tête. Ne rien faire. Attendre, à sa merci ?