Un petiot coucou de loin !

[J566 APA, J490 ASA]

6 heures du matin. Réveil. Réflexe. Connexion à internet.

Un message. Une fraction de seconde j’imagine un message d’amour. Une fraction de seconde avant de voir son nom apparaître. J’ouvre.

Un petiot coucou de loin !
J’espère que tout va bien.
Belle route !

La peur est la première à venir. La panique. Et mon amour qui n’est pas là, à sa place auprès de moi. Je lui écris.

Xanax.

Je fume dehors. Il fait froid. Il me rappelle, inquiet.

Ne vas pas travailler Reinette.

Si, je vais aller travailler. Il ne me reprendra pas ça. Pas encore.

Ne fais rien. Ne lui réponds pas.

La terreur encore. Il est là. Il tient à me le faire savoir. Un message de loin et pourtant… Un message qui dit je suis là. Je ne t’ai pas oubliée. Moi non plus, je ne l’ai pas oublié. Enterré tout au plus sous le temps et les montagnes d’amour que j’ai reçues depuis quelques mois. Sous tout ce travail pour extirper mon corps de son immonde emprise afin de le donner à un autre et, ainsi, me le rendre à moi. Pour refaire confiance. Pour me laisser aller à aimer dans toutes les sens du terme et tout l’abandon que cela demande.

Un message qui nie cette soirée du 9 juin. Qui nie ma terreur. Qui nie son plaisir à me voir perdre le contrôle sous le coup de la panique et en avoir l’exclusivité pleine. Un message qui dit : tu es encore à ma portée.

J’ouvre l’enveloppe stérile du scalpel. Peut-être cela me calmera. Non, je ne finirai pas son travail. Il n’atteindra plus mon corps. Je ne serai plus son subalterne. Coupant ce corps qui après cette nuit sombre est devenu le sien. Non. Tu réveilleras ma terreur, mais pour atteindre mon corps, il faudra le faire toi-même et en personne.

Ne fais rien. Ne lui réponds pas.

Ces mots galopent dans ma tête. Ne rien faire. Attendre, à sa merci ?

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