[J579 APA, J501 ASA]
Les mouvements de sa langue dans ma bouche me glacent d’horreur. Les deux se superposent. Il le sent. S’inquiète. Trop de langue ? Désolé.
Comment lui faire comprendre que ce n’est pas lui. Que c’est juste des petites choses qui font réapparaître l’horreur de cette nuit ? Que ce ne sont que des réminiscences. Mon odorat me fait défaut. Je sens des odeurs qui ne sont pas réelles. Un goût de bonbon à la menthe. Le réel et les souvenirs se juxtaposent et se confondent.
Je change de position. Il me laisse faire. Comme toujours. Mon regard fuyant l’inquiète tout de même, même s’il sait que je reviens vite de ces états. Ça va pas. Ce n’est pas vraiment une question. Laisse moi du temps, laisse moi revenir. Je respire profondément. Me place derrière lui. Touche ses bras. Sens son odeur chasser les autres et le présent reprendre ses droits.
Ce matin-là les flash-backs ne m’ont pas quitté. Une manière de poser sa main sur mon sein. Un enlacement trop vigoureux. Panique. Superposition. Respiration. Retour à la réalité.
Et lui, inquiet, suivant le cours de mes pensées en scrutant le moindre de mes micro-expressions, de mes regards partant de côté. S’adaptant à un jeu dont il ne connait pas les règles puisque celles-ci changent en permanence.