Vivre, comme si rien n’était arrivé

[J686 APA, J610 ASA]

Cela fait longtemps que je n’ai pas pris le temps de m’installer devant le clavier. Pris le temps de tout sortir. Tout dire. Tout exposer en lettres noires sur fond blanc.

Ecrire c’est comme nettoyer une plaie. Ça fait mal, c’est douloureux. Ça vous rappelle la plaie, sa profondeur, sa lenteur de guérison. Ecrire soigne, peut-être, mais écrire n’efface pas. Au contraire.

Alors, par moment, j’ai juste envie de vivre une vie normale. Comme si de rien. Comme si rien n’était arrivé.

Bien sûr l’angoisse, la haine et le dégoût ne me lâchent pas. Elles sont là, sombres créatures des profondeurs, à tournoyer au fond de mon être, leurs remous m’emportant parfois dans les profondeurs de cette abîme qui s’est créée cette nuit là.

Prendre le temps de les affronter ? Encore faut-il l’avoir ce temps. Car s’il est bien une chose que j’ai remarquée, c’est que si mon monde s’est écroulé il y a près de deux ans, le monde lui continue de tourner.

Les factures continuent à arriver. Les impôts demandent leur déclaration. Le travail ne réduit pas ses exigences et vous n’en avez pas moins besoin pour vivre. Tout a changé et pourtant rien ne change. Tout est plus dur, plus angoissant, plus terrifiant, plus stressant et pourtant rien n’est moins exigeant.

Tout vous demande de vivre, vivre comme si rien n’était arrivé.

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