La honte

[J5]

Unité de gestion et de prévention de la violence.

Me voilà dans leur salle d’attente qu’ils partagent avec la consultation pour victimes de torture et de guerre. Et là, serrant ma bouteille d’eau, n’ayant pas dormi depuis plus d’une semaine plus de 20 minutes consécutives, là, entre des jeux pour enfants, des magasines et une bibliobox, là, je regarde la femme en face de moi.

Abattue. Victimes de torture et de guerre. Des gens qui meurent pour de vrai. Fissurés par des lames. Implosés par des bombes. Victimes des mois, des années. Une fois, deux fois, mille fois. En continue.

Et moi, je suis là. Moi qui n’ai rien vécu, rien subit. Il ne s’est rien passé. Et dans ses yeux rougis, c’est ma honte qui je vois.

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