Le déni du présent

[J83 APA, J7 ASA]

Il m’en a fallu du temps pour évoquer cette seconde histoire, le deuxième J0, le deuxième commencement d’un deuxième décompte.

La sagesse populaire m’avait pourtant assuré : Les risques d’être agressée une seconde fois sont infimes. Tes peurs sont irrationnelles.

Alors, chère sagesse populaire, sache que tu avais tord. Mais comme toi, je ne m’y attendais pas. Comme toi, mon cerveau, alors que l’action se déroulait sous ses yeux, sur ma peau, dans mes terminaisons nerveuses, sur mon corps, comme toi, mon cerveau a dit non, cela ne peut pas.

Un malentendu, une erreur. Je comprends mal. Je surréagis parce que j’ai été agressée. Je… Mon corps et mon esprit se sont comme engourdis, éteints, annihilés par l’impossibilité de l’action qui se déroulait devant eux …

Riposter ? Mais faut-il encore accepter l’attaque. On se débat contre un agresseur pas contre un amant. Non, ce n’est pas en train d’arriver. Non, pas avec lui.  Non, ce n’est pas possible. Et si cela ne peut arriver, alors donc ce qui est en train d’arriver est normal.

Alors on trouve des explications rationnelles à tout, juste parce que cela ne peut arriver.

Et pourtant…